BEZZECCHI TOUT EN MAîTRISE FACE à LA « FUSéE » BAGNAIA

Voir la galerie liée ici : Les plus belles photos du GP d'Italie MotoGP.

Le GP d'Italie a offert un scénario déjà vu quatre fois cette année : au lendemain d'un sprint difficile, Marco Bezzecchi a été le plus fort en course. Mais cette fois, le succès est un peu plus particulier que les autres, puisqu'il a été conquis sur ses terres et avec la manière, dans une épreuve parfaitement construite.

Bezzecchi a réussi son départ, ce qui n'avait pas été le cas lors du sprint. Il a été doublé par Jorge Martín au premier freinage mais a repris quelques virages plus loin. Au deuxième tour, le Madrilène a répliqué mais a perdu du temps et dans la boucle suivante, c'est Pecco Bagnaia qui s'est attaqué à lui, cette fois avec succès.

"Au début, on a eu une bonne bagarre avec Jorge", a expliqué Bezzecchi au site officiel du MotoGP. "Je voulais rester devant parce que je savais que mon pneu avant allait durer plus longtemps en n'ayant personne devant. Mais Pecco avait une fusée, il m'a doublé et j'ai vu qu'il était super rapide dès qu'il m'a doublé."

Bezzecchi a alors géré l'écart avec Bagnaia, en évitant d'être trop proche, et il est passé à l'attaque à mi-course. Il a facilement repris l'avantage sur son compatriote puis s'est échappé, pour s'offrir une première victoire à domicile, ce qu'Aprilia n'avait pas connu non plus.

"Je n'ai pas trop paniqué. J'ai essayé de rester proche mais pas trop, pour que tout ne surchauffe pas. J'ai vu que Jorge perdait du terrain et ça m'a donné confiance pour attendre."

"Quand j'ai vu Jorge revenir, je me suis dit que c'était le moment pour essayer de prendre la tête, parce que je sentais que c'était possible. Quand j'ai pu doubler Pecco, j'ai imprimé mon rythme. Les sensations étaient incroyables sur la moto."

Un rêve devenu réalité

Cette victoire prend déjà une place unique dans les souvenirs de Marco Bezzecchi, habitué à venir assister au GP d'Italie au Mugello dans son enfance, et désormais vainqueur devant un public acquis à sa cause. "En termes d'émotions, c'est très proche de ma première victoire en MotoGP", a-t-il souligné en conférence de presse.

"C'est incroyable", s'est-il ému. "Je suis très heureux. C'est un rêve que j'avais depuis mon enfance parce qu'on venait voir les courses avec ma mère, mon père et ma sœur. La pole position était belle mais ça, c'est dix fois mieux."

Le soutien du public, très présent pour l'acclamer en bas du podium, a particulièrement touché Bezzechi : "C'était incroyable. Pour être totalement honnête, les deux derniers tours étaient durs, parce que du coin de l'œil, j'ai commencé à voir que tout le monde m'encourageait et bougeait dans les tribunes et sur l'herbe. C'était dur de rester concentré mais après, en passant la ligne d'arrivée, c'était incroyable."

"Kimi [Antonelli, qui agitait le drapeau à damier] est un grand ami, on s'est rapprochés depuis trois ans. C'est incroyable qu'il soit là. Mon casque [en hommage à Alex Zanardi], je le voulais vraiment. C'est une journée importante parce que c'est un message important pour moi et pour tous les Italiens."

"Sur le podium, voir toute la ligne droite remplie de monde, avec mes drapeaux, les cornes de brume… La foule était incroyable, ils suivaient mes mouvements. Je me suis senti comme une superstar ! Je sens que je fais partie de cette foule, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'années,  j'étais parmi eux. C'est pour ça que ça signifie tant pour moi."

L'émotion est d'autant plus forte que Bezzecchi avait connu le podium en Moto3 et en Moto2 au Mugello, mais pas en MotoGP : "C'était un rêve. Tous les ans, je voyais tous les pilotes gagner ou sur le podium au Mugello et je n'y étais jamais. Je voulais vraiment y être, je me demandais comment faire. J'ai juste essayé de travailler de la meilleure façon possible, d'y croire. Ce rêve est enfin devenu réalité."

Pour la première fois, j'ai vraiment senti la pression

Pour décrocher ce résultat, Marco Bezzecchi a dû se détacher des attentes placées en lui par le public. Chaque supporter qu'il a croisé au cours des derniers jours attendait sa victoire.

"Depuis jeudi, je pensais à ça mais je ne voulais pas trop le faire, parce que ça peut devenir une obsession. C'était dur, c'était un week-end difficile parce que la pression était forte. Les supporters étaient incroyables  mais il y avait une grosse responsabilité. Tout le monde me disait 'Il faut gagner ! Vas-y, vas-y, il faut gagner, on est là pour toi !' et c'était dur."

"Pour la première fois, j'ai vraiment senti la pression. Mais j'étais aussi super motivé. J'ai reçu un soutien incroyable, il y avait un nombre incroyable de personnes, ils avaient la chair de poule en me voyant et c'était incroyable. J'ai travaillé dur pour obtenir ça. C'est un rêve qui devient réalité."

Lire aussi :

2026-05-31T15:12:18Z