Vainqueur pour la dernière fois des 24 Heures du Mans en 2022, Toyota a soif de revanche. Après trois éditions dominées par Ferrari dans la catégorie Hypercar, le constructeur japonais a mis les bouchées doubles en travaillant énormément sur son prototype, rebaptisé TR010 Hybrid, après avoir bénéficié de plusieurs évolutions dans le cadre des jokers techniques rendus possibles par la réglementation.
En arrivant samedi au Pesage, en centre-ville, Sébastien Buemi ne cachait pas l'aspect probablement un peu plus particulier de cette 94e édition, sur laquelle Toyota veut absolument revenir dans le match. Les efforts consentis entraînent inévitablement une révision à la hausse des ambitions.
"Chaque année, on ne va pas arriver en disant que personne n'est motivé et que personne n'a envie de gagner, mais cette année, on a travaillé dur, vraiment", insiste le pilote suisse, toujours coéquipier de Brendon Hartley et Ryo Hirakawa. "On travaille dur chaque année, mais le fait d'avoir introduit des jokers, d'avoir vraiment essayé d'aller trouver un peu de performance... On a vraiment essayé de faire mieux."
"Ça donne l'impression que c'est un peu mieux, mais tout le monde a progressé. Il y a eu deux courses d'affilée où on est de nouveau rapides en course. J'espère qu'on va être capables d'être davantage dans le coup. L'année passée, on a vraiment eu de la peine, même si, en course, globalement, on est assez solides et on fait plutôt de bons choix. Mais au Mans, il faut quand même être rapide, sinon on ne peut pas espérer gagner."
Pour le pilote suisse, quadruple vainqueur de la classique mancelle, l'étiquette de favori n'a toutefois pas changé de camp et elle est toujours clairement collée aux Ferrari 499P, triples tenantes du titre.
"Je pense que ce sont vraiment les favoris, mais nous, de par notre expérience et nos améliorations, on devrait quand même être capables d'être là", explique-t-il. "Ferrari a un avantage assez conséquent, surtout en vitesse de pointe, donc je dirais que les favoris, ce sont eux, objectivement."
"On manquait de performance en général dans les Porsche [en 2025], donc on a vraiment gratté. Mais bon, le règlement ne permet pas de faire tout ce que l'on veut, et il y aurait tellement de choses que l'on pourrait faire en plus et que l'on n'a pas le droit de faire. Mais c'est la même chose pour tout le monde et c'est à nous de nous améliorer, d'aller chercher les petits détails, parce que ça va se jouer à pas grand-chose."
Le travail mené par Toyota pour redevenir un véritable candidat à la victoire finale ne fait pas de doute, et ses premières concrétisations en piste ont déjà été remarquées. Surtout, le rythme de course affiché à Imola et à Spa a éveillé la méfiance chez la concurrence.
"Toyota, très franchement, je pense que ce sont peut-être les favoris", avance même Sébastien Bourdais chez Cadillac. "Parce que si l'on regarde bien les deux premières courses, où ils sont capables de faire à peu près le même chrono sur un relais du premier au dernier tour... OK, ça me laisse un peu perplexe ! Donc je pense qu'ils vont être très, très forts."
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