À mi-saison, le championnat 2026 est loin d'avoir livré son verdict. Aucun prétendant au titre ne s'est détaché de façon notable, et celui qui paraissait avoir le dessus dans les premiers Grands Prix a même opéré une dégringolade aussi spectaculaire que ne l'avait été sa domination lors des premières manches.
Si Marco Bezzecchi a fini par passer le témoin à Jorge Martín, celui-ci n'a pas non plus montré la capacité à solidement s'accrocher à la place de leader, et il paraît plus menacé que jamais alors que la compétition s'apprête à reprendre et qu'il n'a que 14 points d'avance.
Lire aussi :Parmi l'ensemble des pilotes encore bien placés aujourd'hui, les erreurs ou revers de différents ordres ont été multiples. Le cas de Bezzecchi est le plus frappant, avec une accumulation de chutes, dans les courses sprints puis lors des derniers Grands Prix, à laquelle se sont ajoutées sa suspension à Brno et sa blessure au Sachsenring.
Martín aussi a connu son lot d'erreurs à Barcelone et au Balaton Park, alors même qu'il avait fait preuve d'une régularité payante en entame de championnat. Fabio Di Giannantonio a parfois laissé filer de gros points dans des courses affectées par de mauvais départs, tandis que Marc Márquez a pâti de ses problèmes physiques dans les trois premiers mois de compétition. Quant aux pilotes Trackhouse, il leur a fallu quelques courses avant de véritablement émerger et investir pleinement la lutte à l'avant.
Voilà qui a poussé Pedro Acosta à suggérer que personne ne semblait vraiment vouloir prendre les rênes. "On dirait que personne ne veut mener le championnat", a ainsi lancé l'Espagnol un brin provocateur, qui n'a pas oublié qu'il a lui-même été le premier leader de l'année avant de reculer, principalement faute de victoires.
Cette théorie, Pecco Bagnaia la réfute toutefois fermement. Trop simpliste pour le double champion du monde MotoGP, qui met plus volontiers en avant une concurrence renforcée plutôt que l'irrégularité de ceux qui ont été en tête. L'Italien constate que le fait que plusieurs constructeurs soient impliqués dans la course au titre change la donne par rapport à ce que l'on a connu depuis quatre ans environ.
"Pour moi, c'est faux de dire que personne ne veut gagner ce championnat. Tout le monde se donne à fond", expliquait le pilote Ducati en marge du dernier Grand Prix ayant précédé la pause.
"Cette année, pour la première fois, Ducati n'affiche pas la même domination que par le passé. Et il y a plus de motos qui sont compétitives, comme en 2020, donc ça décuple la compétition. On peut reprendre 20 points sur une course, puis un point à la suivante et en perdre 20 autres à celle d'après. Ça dépend beaucoup de soi et de comment on se sent sur la moto."
Álex Márquez n'est pas exactement sur la même ligne que Pecco Bagnaia. Lui voit bel et bien un manque de régularité dans les performances et un trop grand nombre d'erreurs qui finissent par peser au championnat.
"Je pense que personne n'a vraiment réussi à faire preuve de régularité. Personne n'a réussi à être dans le coup sur tous les week-ends", a constaté le vice-champion du monde en titre.
Pour l'instant, c'est Martín qui est en tête. Il n'a pas fait beaucoup de bruit, mais il est bien là.
Si ses propres espoirs ont été largement douchés par son accident de Barcelone, il apprécie de championnat encore si incertain : "Cette année, ça semble un peu plus ouvert, parce que les pilotes commettent davantage d'erreurs par rapport à l'année dernière et à il y a quelques années, y compris 2024 et 2023. Donc, ça reste assez ouvert. C'est très intéressant et c'est mieux pour les fans."
"Personne ne parvient à maintenir un niveau de performance constant. Je pense que le seul à avoir fait preuve de régularité dès le début de la saison, c'est Marco. Malheureusement, il s'est blessé et n'a pas eu beaucoup de chance lors de ces dernières courses."
Un constat s'impose en tout cas : avec seulement 24 points séparant les cinq premiers au bout de 11 Grands Prix, ce championnat est déjà le plus serré à ce stade depuis plus de 20 ans. Et les 65 points qui regroupent pas moins de huit pilotes semblent annoncer la lutte la plus ouverte de ces dernières années.
"Il sera intéressant de voir, après la trêve estivale, quel pilote sera capable de faire preuve de cette régularité qui se révélera payante. Ogura aurait de grandes chances d'y parvenir, tout comme Marc", a ajouté Álex Márquez. "En tout cas, pour l'instant, c'est Martín qui est en tête. Il n'a pas fait beaucoup de bruit, mais il est bien là. Ce sera très intéressant jusqu'au bout."
Lire aussi :En passant en revue les hommes qui sortent du lot, Pecco Bagnaia insiste sur le fait que la malchance a parfois plus pesé que le manque de performance ou les erreurs : "Si vous regardez Bezz, il pousse fort. Il manque de chance, mais pour moi il reste le plus rapide sur l'Aprilia."
"Ogura fait un travail fantastique, il est tout le temps compétitif, et s'il arrive à comprendre comment l'être aussi dans les premiers tours, il se battra pour la victoire tous les dimanches", a poursuivi l'Italien.
"Marc est très fort, mais chez Ducati on dirait qu'un pilote est fort sur une course, puis un autre sur la suivante. Ça n'est pas aussi constant que les résultats d'Aprilia. Mais on y travaille et je pense que la seconde partie connaîtra moins de hauts et de bas."
Au final, Bagnaia a identifié des pilotes qui sortent du lot et qui, bien qu'ils aient connu des revers, sont selon lui capables de rester durablement dans la course au titre. "Actuellement, je vois Ogura, Márquez et Bezzecchi comme favoris", a-t-il tranché.
"Martín, qui a eu un peu de difficulté dans les dernières courses, a appris à toujours ramener le résultat à la maison et il marque des points. Un peu comme moi, qui au final n'ai jamais réussi à faire de grands résultats. Malheureusement, j'ai eu deux scores vierges à cause d'autres problèmes, mais il y a aussi eu la chute du Mans. Quoi qu'il en soit, il faut toujours ramener des points, c'est ça qui fait la différence."
Lire aussi :"Moi, je ne peux pas penser au titre. Avant toute chose, je pense qu'il faut que je réussisse à me rapprocher du podium, ensuite à gagner une course et à rester constamment rapide", a ajouté Bagnaia, qui lui-même n'affiche pas un retard rédhibitoire au championnat malgré sa huitième place.
"Même si j'ai perdu des points dans les deux derniers Grands Prix, j'en ai gagné 35 par rapport au Mugello. Le bilan est donc positif, mais il faut qu'on résolve nos problèmes pour se battre pour la victoire", a-t-il conclu.
2026-08-03T15:57:18Z