F1 2026 : POURQUOI LA FIA N'A PAS PU CORRIGER LES PROBLèMES PLUS TôT

Alors que le premier championnat de Formule 1 disputé avec le nouveau règlement technique approche de sa mi-saison, la pause estivale est l'occasion de dresser un premier bilan. Le règlement introduit en 2026, qui accorde une place bien plus importante à la puissance électrique, a suscité de nombreux débats dans le paddock comme en dehors.

La F1 assure que les retours du public – notamment via son programme Formula 1 Fan Voice – sont globalement positifs, mais les pilotes se sont montrés bien plus critiques.

Max Verstappen avait qualifié la réglementation moteur de "Formule E sous stéroïdes" lors des essais hivernaux de Bahreïn, tandis qu'Oscar Piastri évoquait à Spa-Francorchamps les algorithmes des unités de puissance et le fait que "les grilles de départ sont décidées par des ordinateurs qui fonctionnent... ou non".

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Interrogé par Motorsport.com pour savoir si les critiques formulées ces derniers mois par les pilotes avaient été plus fortes que ce que la FIA anticipait, Tombazis a répondu : "Je pense que les pilotes sont, par définition, des clients assez exigeants. Nous ne nous attendions pas à ce qu'ils édulcorent leurs propos ou qu'ils ne disent pas ce qu'ils pensent. Donc dire que cela a été plus important que prévu, non, je ne dirais pas cela."

Selon le responsable monoplaces de la FIA, les plaintes concernant la gestion de l'énergie, le super clipping et les algorithmes correspondaient également à ce que l'instance dirigeante avait anticipé.

"Nous avions anticipé beaucoup des problèmes dont ils se sont plaints au cours des deux années précédant le lancement de la saison. Nous avons essayé d'apporter quelques ajustements, mais nous avons échoué à cause de la gouvernance en place", explique Tombazis. "Je pense donc que c'était, de manière réaliste, tout à fait prévisible."

La FIA a tenté d'écouter les critiques avant 2026

Si cela n'avait tenu qu'à Tombazis, les modifications du règlement désormais prévues pour 2027 et 2028 – avec une évolution progressive vers une répartition de la puissance de 60-40 – auraient idéalement dû être introduites bien plus tôt.

"C'est un peu dommage que nous ayons dû attendre les discussions de mai pour parvenir à un ensemble de mesures pour 2027 et 2028. Idéalement, nous aurions pu le faire deux ans plus tôt et toute cette discussion n'aurait pas eu lieu."

Plusieurs pilotes avaient pourtant mis en garde contre les problèmes potentiels du nouveau règlement moteur avant même 2026. Verstappen avait été le premier à le faire publiquement lors du Grand Prix d'Autriche 2023, lorsque Motorsport.com l'avait interrogé sur ses premiers tests au simulateur.

Cela a peut-être donné l'impression que les pilotes n'avaient pas été écoutés avant 2026, mais Tombazis assure que la réalité est différente. Selon lui, leurs premiers retours ont été pris au sérieux, mais le cadre de gouvernance empêchait toute révision majeure du règlement.

"Lorsque les constructeurs décident de participer en tant que motoristes, ils signent un accord de gouvernance qui lie toutes les parties : la FIA, la FOM et les motoristes. C'est comparable à ce que représentent les Accords Concorde pour les équipes", explique Tombazis.

"Un accord de gouvernance distinct a été signé en 2022 afin de définir les exigences applicables aux motoristes pendant les années 2023, 2024 et 2025. Cela s'est fait avant le début du championnat, notamment parce que des règlements financiers étaient introduits pour la première fois."

Cet accord prévoyait notamment que les nouveaux entrants ne pourraient pas dépenser sans limite pour développer leur moteur 2026.

"Si un motoriste qui n'était pas encore engagé en Formule 1, comme Audi par exemple, n'avait pas été soumis à ces règles, il aurait pu nous dire : 'Nous ne participons pas encore, donc nous pouvons dépenser cinq fois plus d'argent.' Cela aurait été injuste. C'est pourquoi cet accord de gouvernance les obligeait à respecter les règlements, y compris les règles financières et opérationnelles."

Dans le même temps, ce document compliquait fortement la possibilité pour la FIA de rouvrir le règlement dans les années précédant 2026 sans obtenir une "super majorité".

"En contrepartie, il limitait notre capacité à modifier unilatéralement les règles au nom de la FIA. Toute modification devait donc être approuvée par un nombre important de motoristes. Pour les changements que nous avons finalement apportés [en mai], il nous fallait au moins l'accord de quatre d'entre eux. Et nous n'avons tout simplement pas obtenu cet accord pendant les années où nous avons discuté de certains ajustements."

Des difficultés connues depuis 2022, mais des courses animées

Une partie de l'explication réside dans le fait que la réalité de l'industrie automobile était très différente à l'époque, les constructeurs accordant une importance bien plus grande à l'électrification.

"Dans l'ensemble, viser une répartition de puissance proche de 50-50 entre les deux sources d'énergie a toujours été un objectif difficile", reconnaît Tombazis. "Mais c'était une exigence essentielle pour les constructeurs engagés, et cela conditionnait franchement leur décision de venir en Formule 1."

"N'oubliez pas que sans eux, nous n'aurions eu que deux motoristes en Formule 1, ce qui aurait posé un vrai problème. Cette volonté de renforcer considérablement la part électrique a donc créé ces difficultés."

Tombazis explique que la FIA avait déjà identifié ces problèmes dès 2022, soit un an avant que Verstappen ne les évoque publiquement, mais qu'il était alors trop tard pour modifier en profondeur le règlement.

"Lorsque les simulations sont arrivées, vers 2022, nous savions que ces problèmes existaient, mais nous étions déjà allés trop loin dans le processus pour tout changer et certains avaient déjà engagé trop de ressources. Cela nous a donc mis dans une position un peu délicate au début de la saison lorsque nous avons commencé à en discuter."

Tombazis conclut toutefois en soulignant que, malgré tout, les courses ont offert un spectacle convaincant lors de cette première moitié de saison.

"Cela étant dit, je pense que la plupart des courses ont été plutôt passionnantes. Il y a eu beaucoup de bagarres. J'irais même jusqu'à dire qu'aujourd'hui, même si je ne parlerais peut-être pas encore de domination, un constructeur bénéficie clairement d'un avantage. Par le passé, lorsque cela arrivait au début d'un nouveau règlement, les courses étaient très processionnelles."

"Aujourd'hui, même si Mercedes a remporté la plupart des victoires, les courses sont malgré tout restées très animées, avec beaucoup de changements de position, etc."

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2026-08-03T09:27:16Z